TRAITEMENT DE LA CÉCITÉ

MISSIONS OPHTALMOLOGIQUES

Depuis 1993, le Labrang de Jamgon Kongtrul a financé et organisé des 'eye camps' pour le traitement des problèmes ophtalmologiques dans le but de guérir les personnes pauvres et sans ressource souffrant de cataractes.

Prenant en compte le souhait du Troisième Jamgon Kongtrul Rimpoché, des missions ophtalmologiques menées par des cliniques mobiles de microchirurgie ont été organisées en Inde et au Népal en collaboration technique avec le centre Tilganga Eye Center, un hôpital ophtalmologique situé à Katmandou au Népal, sous la responsabilité de son directeur médical, l'estimé Dr. Sanduk Ruit.


Clinique ophtalmologique 'Jamgon Kongtrul Eye Centre'

Lower Bridle Road, 8th Mile, Kalimpong, Distt. Darjeeling, West Bengal, India
Tel: +91-3552-255681

En Février 2004, la Paramita Charitable Trust organisa une mission ophtalmologique de 8 jours à Kalimpong à l'emplacement choisi pour abriter le 'Jamgon Kongtrul Eye Centre', pour annoncer l'ouverture de ce centre local à Kalimpong en collaboration technique avec le centre Tilganga Eye Centre de Katmandou. Il est prévu que le centre ouvre en été 2004.

Le Jamgon Kongtrul Eye centre à Kalimpong proposera des soins externes et chirurgicaux ainsi que des actions alentour pour contrôler les patients des villages reculés pour prévenir et traiter leurs problèmes de vue. Il s'efforcera d'éradiquer les problèmes de vision qui peuvent être prévenues ou traitées, dans le district et les alentours par des soins et une éducation ophtalmologiques de haute qualité d'un niveau international. Comme tous les autres projets sociaux du Labrang de Jamgon Kongtrul, le Jamgon Kongtrul Eye Centre a pour but de proposer des traitements gratuits pour les patients pauvres et sans ressource.


La vue - Un facteur essentiel dans la vie des pauvres

La vue est une faculté essentielle pour la survie parmi la population pauvre particulièrement pour ceux vivant dans des endroits au terrain accidenté et devant faire face à un travail quotidien de servitude. Il est très courant que les problèmes de vue, dus à la cataracte, affectent beaucoup d'entre eux et souvent à un âge assez précoce. Sur les hauteurs de l'Himalaya, cela est souvent dû au manque de protection pour les yeux contre les rayons puissants du soleil. Dans les plaines, là où l'hygiène et les installations sanitaires manquent, les ennuis de santé, en particulier ceux affectant les fluides du corps, peuvent également contribuer aux problèmes de la vue. Et, bien sûr, la nourriture pauvre et la pollution chimique aggravent encore ces conditions.

 

L'impact d'une malvoyance ou de la cécité dans la vie d'un pauvre est très grave. Il est évident à travers les histoires personnelles des patients atteints de cataracte que beaucoup en avaient été réduits à la misère et à l'indigence complète. Des familles en ont été dispersées, en particulier lorsque la victime en était la mère qui ne pouvait plus s'occuper des enfants.
Il est clair que la clinique mobile de microchirurgie ophtalmologique fera beaucoup plus que de seulement ramener la vue.

Missions ophtalmologiques organisées par le labrang de Jamgon Kongtrul

Année Mois Lieu Pays Patients traités Opérations chirurgicales
1993 Juin Gangtok Sikkim Inde 1700 142
1994 Juillet Chushur Tibet (Central) 1500 191
1995 Novembre Upper Manang Nepal 485 18
1996 Avril Katmandou Nepal 0 80
1996 Octobre Kalimpong Inde 2000 223
1997 Février Necha, Solukhumbhu Nepal 1250 73
1997 Février Dolakha Nepal 998 191
1998 Mars Dapcha, Kavre Nepal 1022 186
1998 Octobre Kalimpong Inde 3500 670
1999 Novembre Chaughoda, Nuwakot Nepal 1436 170
2000 Janvier Charaudi, Dhading Nepal 1700 257
2000 Novembre Kalimpong Inde 6066 917
2001 Octobre Mangaltar, Kavre Nepal 1119 229
2002 Avril Pullahari, Katmandou Nepal 3060 179
2002 Décembre Phaplu, Solukhumbu Nepal 1961 115
2003 Mai Pullahari, Katmandou Nepal 3461 303
2004 Février JK Eye Centre, Kalimpong Inde 1380 341
2004 Avril Pullahari, Katmandou Nepal 2203 180
 
Total à ce jour       34841 465

 


Histoires de patients

Kanchi, qui était sourde et muette
Kanchi, 42 ans, était née sourde et muette. Elle souffrait d'une cataracte depuis 3 ans et était déjà aveugle lorsqu'elle vint au camp de Kalimpong en 2001. Elle ne s'était jamais mariée et c'était sa plus jeune sœur, travaillant dans une plantation de thé, qui s'occupait d'elle.
Le beau-frère de Kanchi l'avait porté sur son dos tout le long du chemin jusqu'au centre de dépistage pour le check-up et elle fut la première candidate diagnostiquée comme souffrant de cataracte ce jour là. Kanchi semblait très déprimée et désespérée. Quand le docteur commença à dilater son oeil et lui mettre des gouttes dans les yeux pendant l'examen pré-chirurgical, elle devint extrêmement effrayée et commença à lutter de toutes ses forces pour se libérer. Elle ne pouvait ni entendre, ni voir, ni parler, et personne n'était capable de la calmer. Finalement, sa sœur implora le docteur de continuer.
Dans la salle de repos, sa soeur lui tenait les mains et restait tout près d'elle. Le matin suivant, le Dr. Ruit lui rendit visite dans la salle et enleva le bandeau de son oeil. Le moment fut extrêmement émouvant. D'abord Kanchi sembla perplexe mais quand elle réalisa qu'elle voyait, elle ressentit un soulagement soudain. Elle se relaxa complètement, souriante et passant par diverses expressions de joie. Elle essaya de communiquer avec tout le monde alentour en utilisant ses mains.
Quelques jours plus tard, Kanchi revint pour l'opération de son autre oeil. Cette fois elle était confiante et même heureuse de suivre toute la procédure toute seule sans même être accompagnée par sa sœur.

Les hommes qui retrouvèrent l'usage de l'écoute et de la parole
Deux hommes, apparemment pauvres, arrivèrent au camp de Kalimpong. Ils vinrent par leurs propres moyens bien qu'aveugles par cataracte. Tout le monde pensait qu'ils étaient aussi sourds et muets car ils ne répondirent à aucune question. Pendant tous les examens, ils ne prononcèrent aucun mot.
Et puis, soudain quand les bandeaux sur leurs yeux furent enlevés le jour après l'opération, ils commencèrent soudainement à parler et à répondre aux questions. Cette expérience montra très clairement que la cécité, en particulier parmi les pauvres et les déshérités, peut, en fait, tellement endommager la dignité et la confiance en soi, que toutes les portes de la communication avec les autres peuvent cesser d'exister.

La petite femme de Mall Bazaar
C'était une pauvre petite femme indienne dans les 40 ans, minuscule, qui souffrait d'une cécité complète des deux yeux due à la cataracte. Elle fut amenée au camp de dépistage par des travailleurs sociaux de l'organisation Sai Samity, qui l'avait trouvée dans une lamentable condition sur la place du marché. Elle était crasseuse et semblait complètement désespérée, et effrayée de faire le moindre mouvement.
Quand le bandeau d'un de ses yeux fut enlevé après l'opération, sa personnalité subit immédiatement une transformation. Dès le premier moment merveilleux du retour à la vue, elle prit soudainement conscience d'être portée et touchée par les hommes qui l'emmenaient, et elle commença à vouloir se débarrasser d'eux. Chaque jour ensuite, elle devint de plus en plus intéressée par son apparence et sa robe, au point que cela en devienne inutile. Quand on l'informa pour l'opération de l'autre œil, elle donna immédiatement son accord.
Au moment de quitter le camp, elle était très optimiste quant à retrouver son emploi précédent. Nous apprîmes qu'elle avait été servante dans une famille pendant de nombreuses années. Pourtant, ils ne voulurent plus la garder quand elle devint vraiment malvoyante. Comme elle n'avait nulle part où aller, elle devint mendiante sur la place du marché.
Toutefois, ayant recouvré la vue, elle ne gardait aucun ressentiment contre son précédent employeur et en fait, il lui semblait juste qu'il l'ait renvoyée lorsqu'elle eut perdu la vue. Sa triste situation est semblable à beaucoup d'autres de sa condition.



© Jamgon Kongtrul Labrang 2004

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